L’effet spécial est indissociable du cinéma de genre et particulièrement du cinéma d’horreur qui, de par sa nature, ne peut pas ne pas montrer. Des trucs horrificos-comiques de Méliès (fondus, arrêts de manivelle, surimpressions, etc.) aux disparitions et autres transformations du cinéma actuel qui sont directement réalisées à l’intérieur du plan (les maquillages, maquettes, etc.) ou ajoutées par ordinateur (morphing, blue screen, etc.), les innovations techniques ont permis de sans cesse repousser les limites de ce qui est possible de montrer à l’écran.
Les effets spéciaux ont également modifié l’esthétique cinématographique en imposant de nouveaux modes de filmage et de montage. L’art du montage d’une scène à effets consiste entre autre à trouver un équilibre entre le vrai et le faux permettant d’apprécier la virtuosité du metteur en scène ou de l’effet en lui-même. Tel un baron Frankenstein, le cinéaste morcelle l’action (plans et effets spéciaux) et la recoud par le montage (transitions, effets, mise en scène) afin soit de tromper le spectateur, soit de l’épater par les prouesses techniques accomplies. Pour qu’un effet soit réussi, il doit être filmé puis monté de la bonne manière.
Comprendre la nature des effets spéciaux (son esthétique, sa technologie, son public), c’est donc par extension saisir un peu mieux le médium cinématographique, le genre horrifique et comment ce dernier (s’) est construit.
Le cours se divisera en trois volets : historique, esthétique et théorique. Dans un premier temps, nous définirons ce qu’est un effet spécial puis nous inscrirons son existence et sa pratique à l’intérieur de l’histoire plus globale du cinéma et celle du cinéma de genre. Nous explorerons ensuite comment les techniques d’effets spéciaux ont transformé le genre horrifique aux niveaux esthétique, narratif et thématique. Finalement, nous aborderons les questionnements théoriques qui surgissent à propos ou en périphérie de l’effet spécial (qu’il s’agisse du cinéma des attractions ou de l’approche psychanalytique). Projections: Inferno (Giuseppe de Liguoro, 1919, Italie), The Thing (John Carpenter, 1982, États-Unis), troisième titre à determiner.
Éric Falardeau is a writer and filmmaker. He has written and
directed short films, a music video, the horror feature Thanatomorphose
(2012) and the Adult Time film The Thing from the Lake (2019). He was
guest curator of the exhibition Secrets and Illusions, the Magic of Special
Effects at the Cinémathèque québécoise (2013-17). He is the author of Une
histoire des effets spéciaux au Québec (2017) and Le corps souillé :
Gore, pornographie et fluides corporels (2019). His latest short film Asmodeus
(2021) is currently screening at festivals around the world.